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A l'heure où la désaffection des jeunes, et particulièrement des jeunes filles, pour les études scientifiques préoccupe un grand nombre de décideurs politiques et académiques européens, certains proposent de revenir vers le passé. Si les filles ne font pas de science, disent-ils, c'est parce que les garçons les empêchent de travailler. Séparons donc les filles des garçons. Ouvrons des classes préparatoires pour les filles et des classes préparatoires pour les garçons. Et ce jusqu'aux grandes ecoles...
Comme si pour résoudre les problèmes liés aux différences, la meilleure solution était de séparer les groupes. Chacun dans son coin, dans son école, dans son quartier avec ses semblables (en termes de genre, d'origine ethnique, de catégorie socio-professionnelle, etc...). Une réponse à l'américaine en quelque sorte, bien loin de nos traditions républicaines.
Et si nous arrêtions d'opposer les différences ? Si les causes de ce recul de l'intérêt féminin pour les sciences n'étaient pas plutôt à rechercher du côté de ce qu'elles sont devenues ? Les valeurs dominantes aujourd'hui sont celles du marché, de la grande compétition économique internationale pour le développement industriel. Mieux vaut étudier la gestion, le marketing et les maths financières pour entrer au plus vite dans cette danse-là. Après l'éclatement de la bulle internet, les débats sur le budget de la recherche, faire des études scientifiques semble moins porteur à l'égard des valeurs du marché. Sauf si on considère d'autres finalités aux sciences que strictement celles de "faire tourner" l'économie. Et ceci n'a rien à voir avec le genre.
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