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Les études scientifiques sont sans doute moins porteuses à l'égard des valeurs du marché, mais elles n'y sont pas moins soumises. C'est peut-être une des raisons pour lesquelles les étudiants (les filles comme les garçons) s'en détournent. Depuis déjà quelques années, le quotidien des chercheurs et des étudiants en thèse des institutions de recherche publiques est structuré par des exigences de rentabilité, de flexibilité et de réactivité qui aboutissent à une grande instabilité et une grande précarisation. Précarisation des moyens, des financements, des postes, des bourses. S'il faut trouver une particularités aux filles, c'est peut-être qu'elles sont moins prêtes que les garçons à hypothéquer leur avenir sur les incertains quittes-ou-double promis par cette précarisation galopante.
Pour faire de la recherche aujourd'hui, il faut surtout savoir se vendre et attirer les capitaux privés (puisque de toutes façon les capitaux publics s'assèchent), accpeter de s'orienter avec plus ou moins d'entrain vers des recherches directement rentables et commercialisables, vers la création de starts-up, de partenariats avec les entrprises, etc. Selon certains, il s'agit rien moins que d'être "moderne".
Bref, toujours est-il que cela fait longtemps qu'on enjoint à la science d'obéir aux valeurs dominantes du marché et que les travailleurs (chercheurs et étudiants) de la recherche publique en subisse une dégradation généralisée des conditions de travail. Pourtant en parallèle, les institutions de la recherche continuent de servir au public et aux futurs étudiants le discours humaniste et voontariste de la science source intraissable de progrès au service de l'intérêt public. Il me semble qu'il y a là une grande schizophrénie dont les jeunes sont de moins en moins dupes. Sans doute que s'il faille de toute façon "rouler pour le Grand Capital", autant le faire dans une entreprise privée qui l'assume et qui paye bien pour ça.
Pour autant, tous les étudiants sont-ils réellement désireux de faire allégeance à cette "dictature" du marché (que ce soit par la voie des sciences, celles du marketing ou des maths financières) ? Je ne crois pas, mais encore faut-il leur laisser ouvertes d'autres possibilités .
C'est sans doute cela qui manque aujourd'hui : une alternative au tout économique. Les réductions répétées du budget de la recherche publique ne permettent pas d'espérer une telle alternative. Et effectivement, le genre n'a rien à y voir.
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